06 février 2007
A propos du processus électoral !
Lettre ouverte à Monsieur Ousmane NGOM, Ministre de l’Intérieur et des collectivités territoriales de la République du Sénégal.
Remise ce vendredi 2 février 2007 à :
M. Cheikh Sadibou DIALLO Consul Général du Sénégal à Lyon
Copies à :
Cheikh Tidiane GADIO, Ministre d’Etat chargé des affaires Etrangères,
Omar Khassimou DIA, Ministre des sénégalais de l’extérieur .
Moustapha TOURE, Président de la Commission Electorale Autonome (CENA).
Monsieur le Ministre,
La dérive déclenchée au Sénégal par la répression de la marche des leaders de l’opposition et de la société civile le 27 janvier 2007 par les forces de l’ordre constitue un recul démocratique et est dénoncée par les tous les défenseurs des droits de l’homme et des libertés du monde entier.
L’élection présidentielle au Sénégal a lieu dans trois semaines. Des moyens considérables de sensibilisation ont été mobilisés en direction des populations pour leur participation aux élections. Elles ont répondu en s’inscrivant massivement sur les listes électorales. Des centaines de milliers d’électeurs risquent de ne pas voter et d’être privés du droit de choisir leur futur Président. Certains qui avaient fait la démarche volontaire de s’inscrire sur les listes électorales sont absents du fichier. D’autres sont sur les listes mais leurs cartes ne sont toujours pas disponibles. D’autres encore ne pourront pas utiliser leur carte d’électeur parce que des erreurs sur leur état civil les en empêcheront. Des milliers de cartes d’électeurs de sénégalais devant être acheminés aux Etats-Unis sont perdues ou restent introuvables.
Les services du Ministère de l’Intérieur n’accordent aucune importance aux réclamations et demandes de rectification de la Commission Electorale Nationale Autonome (C.E.N.A) ainsi que des citoyens en laissant traîner les choses, méprisant ainsi les honnêtes citoyens qui ont répondu à l’appel civique.
Dans les démocraties modernes, ces dysfonctionnements du fait de l’administration seraient corrigés sine die afin de permettre aux citoyens de s’acquitter de leur droit civique qui est de participer à l’élection nationale.
Les signataires de cette lettre ouverte, membres ou sympathisants du Collectif Rhône-Alpes d’Action Citoyenne sont tous soucieux de défendre les acquis démocratiques du Sénégal :
· Ils s’inquiètent du caractère inutile, inefficace et attentatoire aux libertés individuelles et collectives de l’interdiction de manifester pacifiquement.
· Ils redoutent que l’impératif de sécurité ne soit finalement que le prétexte saisi par les autorités représentées par vos services pour faire passer en force l’interdiction de manifester opposée aux leaders des partis politiques et des associations de la société civile.
· Ils exigent l’organisation d’élections transparentes démocratiques et apaisées et demandent que les libertés fondamentales soient respectées afin que le processus électoral ne puisse souffrir d’aucune contestation.
· Ils sont scandalisés des manquements et des dysfonctionnements graves dans le processus électoral, notamment sur la distribution des cartes électorales.
· Ils émettent les plus vives protestations et exigent pour les sénégalais qui sont régulièrement inscrits et qui n’ont pas leur carte d’électeur, que des dispositions spéciales soient prises afin qu’ils puissent voter, par exemple avec leur récépissé ou leur ancienne carte d’identité.
Permettez-nous, Monsieur le Ministre, d’attirer votre attention sur notre souhait pour que le Sénégal puisse retrouver une situation de sécurité, de justice et de paix.
Collectif Rhône-Alpes d’Action Citoyenne.
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